Parfum de livre : Imre Kertész “Un autre, chronique d’une métamorphose”
Parfum de livre:
IMRE KERTÉSZ : UN AUTRE, chronique d’une métamorphose.
Editions Actes Sud, Babel, 1999. Traduit du hongrois par Natalia Zaremba-Huzsvai et Charles Zaremba.
Etrange impression, la lecture de Kertész s’incruste en la pensée telle une ventouse qui débouche les strates de l’humain dégénéré, je m’accroche à la pensée, mes cauchemars nourrissent toutes les nuits de l’International Holocaust Remembrance Day 27 th- january, la vie se lie sans cesse à ces archaismes barbares, tout peut recommencer, les témoins sont en vie, encore quelques uns, personne n’aurait pu savoir qu’un mot comme Mythe pourrait chambouler le devoir de mémoire. La folie n’a pas besoin de témoins, de preuves, de films, de voix, elle invente une autre histoire, un réel distordu, car ce “Mythe” est une création dont le seul but est de balayer l’histoire vécue, d’insinuer le doute, ou de s’en accomoder, c’est pourquoi il faut être vigilant avec les mots, les écrivains sont lus, et relus, la lecture est création, elle exige une pensée, une expérience, une prise de l’écriture qui féconde! En quoi la pensée d’un seul, écrivain peut ébranler, jusqu’à convaincre contre le surgissement de l’oeuf du mal?
Qui lit André Kertész?
Le lire c’est entrer dans la conscience d’un AUTRE qui interroge les bonnes questions dans la métamorphose de la proie noyée à un AUTRE , l’écrivain, ” le cryptoprophète, l’étranger en son pays, le témoin actif dans les colloques, les salons du livre, prix nobel de littérature et toujours malgré tout un AUTRE.
Mais Qui?
Un extrait:
” Un jour,il faudrait analyser l’espèce de ressentiment que l’intellectuel de notre époque nourrit pour l’intellect, écrire l’histoire spirituelle de la haine de l’esprit…
J’écris ces lignes avec amertume et une satisfaction particulière ( si ce n’est du plaisir ), tout en ressentant profondément la fragilité de mon existence, son unitilité et son anachronisme. Qu’est ce qui me meut, pourquoi je noircis du papier avec mon stylo bille?
Mes matins secrets, mes promenades secrètes, mes mortifications solitaires et intimes. A quoi bon ? serais je un cryptoprophète? Un chroniqueur caché sous les ruines de l’époque?
Est-ce que je donne des réponses aux questions que Dieu n’a pas posées? Est-ce que je que je pose des questions aux réponses que Dieu a tues? Un jour, il faudra que je m’occupe de la forme extérieure du matériau, de l’impassibilité*, de la vanité artistique- mais cet instant viendra-t-il ? Est-ce important? . “Je refuse d’errer avec une âme sauvée dans un monde damné” dit Buber
(cité par Ervin Valyi Nagy).
* En français dans le texte.
Plus loin en saisissant l’interprétation de ses rêves, Kertész écrit:” Je sais tout . Et je sais que la souffrance de mon savoir ne me quittera jamais.”
Lire Imre Kertész c’est comme entrer en une sombre forêt où soudain au coeur des lignes une lumière vous accueille et vous respirez l’art d’un Autre , Chronique d’une métamorphose. Comme le bruissement du vent sur le tremblement de l’humanité dans sa solitude totale , une perception, unique, le frémissement ….
La respiration de la mémoire , variations Goldberg.
finczi
*
Hüzün: Ohran Pamuk Istanbul Memories and the City (2)

photo by Ara Güler
Hier, en regardant le soleil se coucher sur le Tage, je lisais profondément avec le sentiment de partager une pensée ou un mot, hüzün, la mélancolie, la tristesse, la saudade, il n’y a pas de bonne traduction sinon ces 15 pages de Ohran Pamuk, et les photographies noir et blanc de Ara Güler! La grâce de l’écrivain est d’extraire du mot, mélancolie, tristesse, une perception poétique et collective d’un sentiment ou plutôt d’une sensation qui m’a fait écho avec la saudade liée à Lisbonne, également intraduisible, aussi un sentiment collectif, comme individuel, eu tive saudades de ti, j’ai eu le désir ou le manque de te voir s’est transformée en désir de te voir puis en tristesse de ne pas te voir, enfin toute la gamme, des sensations qui touchent l’affect de tous les sens. De plus saudades est beau à prononcer, à entendre, et s’il vous est adressé, il agit comme un baume calmant, surtout si c’est votre dentiste!
Hüzün se dit il dans ce sens,aussi? En français, il n’y a pas d’équivalent. La tristesse, la mélancolie, le vague à l’âme sont des états qui touchent l’individu, le sujet, et non une communauté, un groupe. Le spleen de Baudelaire, une saison en enfer de Rimbaud, réhabilitent , par le génie poétique et la beauté cet état alangui , plutôt mal perçu, ou négativement perçu . Le lecteur, en général sait ce que c’est , sinon il peut lire ces magnifiques pages et il saura un petit peu du hüzün.
quelques extraits.
…. Hüzün, on the other hand is not a feeling that belongs to the outside observer. Istanbul carries its hüzün by choice. For the poet hüzün is the smoky window between him and the world. The screem he projects over life is painful because life itself is painful. Hüzün does not paralyse the inhabitants of Istanbul, its also give them poetic licence to be paralysed.
N’est-ce- pas là une analogie avec la saudade? et avec l’inspiration des artistes, écrivains qui savent en faire un univers d’inconnu connu, d’ombres lumineuses, et une félicité dans l’intensité spasmodique du nostalgique passage de l’enfance collée à la vitre en buée au présent dont les couleurs criardes nous retiennent derrière l’écran de la Vie chérie?
Car même si la saudade est liée à la langue portugaise, hüzun à Istanbul,ce sentiment suave, et cotonneux triste et joyeux, nostalgique des émotions odeurs de l’enfance, qui fait du Temps un mur de questions et d’angoisses, nous le connaissons tous, mais ne savont pas le décrire avec des mots, une langue….
Sciences et Mathématiques
Sciences et mathématiques
| Les auteurs du Moyen Âge et de la période suivante, ont apporté une contribution importante à la science occidentale, dans les domaines de la médecine, de l’astronomie, des mathématiques et de la logique. Au cours de cette période, le savoir de la Grèce antique fut transmis à l’Occident par l’entremise de traductions en hébreu, à partir de versions arabes, de traductions latines de l’hébreu et de traductions du latin dans diverses langues vernaculaires. Les connaissances médicales orientales et hellénistiques, en particulier, furent préservées et introduites en Europe par des médecins juifs qui, en traduisant en hébreu des ouvrages classiques non juifs, créèrent en même temps tout un vocabulaire scientifique dans cette langue.Outre les traductions de l’arabe, l’une des principales préoccupations des astronomes juifs du Moyen Âge était de calculer le calendrier; Maïmonide, à qui l’on doit également d’importants ouvrages de médecine et un traité de logique fort populaire, semble avoir été pleinement au courant des travaux de ses contemporains du XIIe siècle dans le domaine de l’astronomie mathématique ptoléméenne. Pendant la Renaissance, les médecins continuèrent de jouer un rôle de premier plan dans l’élaboration d’écrits scientifiques hébreux: Abraham Portaleone, de Mantoue, au XVIe siècle, et Delmedigo, de Candie (Crête), au siècle suivant, en sont d’assez curieux exemples. Voici certains de ces ouvrages scientifiques, de même que quelques autres liés de près ou de loin à la science, particulièrement dans les domaines de la philosophie et de la loi juives. |

