Lire une page de Proust

 

 

Allez voir sur le site: www.lebaiserdelamatrice.fr et faites partie du projet , une belle idée, de Véronique Aubouy, Réalisatrice qui envoie une page de la Recherche à chaque amateur ou passionné de Lecture et de Proust. Le film se terminera lors de la lecture de la dernière page.

J’ai reçu et lu cette page, sans préparation, “  très Lire une page “, essayez vraiment.

Proust, A la Recherche du temps perdu, page 3357

Il m’arrivait parfois de souhaiter que, par un miracle, entrassent auprès de moi, restées vivantes contrairement à ce que j’avais cru, ma grand-mère, Albertine. Je croyais les voir, mon coeur s’élançait vers elles. J’oubliais   seulement une chose, c’est que, si elles vivaient en effet, Albertine aurait à peu près maintenant l’aspect que m’avait présenté à Balbec Mme Cottard, et que ma grand-mère, ayant plus de quatre-vingt-quinze ans, ne me montrerait rien du beau visage calme et souriant avec lequel je l’imaginais encore maintenant, aussi arbitrairement qu’on donne une barbe à Dieu le Père, ou qu’on représentait au XVIIe siècle les héros d’Homère avec un accoutrement de gentilshommes et sans tenir compte de leur antiquité.) Je regardais Gilberte, et je ne pensai pas : «Je voudrais la revoir», mais je lui dis qu’elle me ferait toujours plaisir en m’invitant avec de très jeunes filles, pauvres s’il était possible, pour qu’avec de petits cadeaux je puisse leur faire plaisir, sans leur rien demander d’ailleurs que de faire renaître en moi les rêveries, les tristesses d’autrefois, peut-être,un jour improbable, un chaste baiser. Gilberte sourit et eut ensuite l’air de chercher sérieusement dans sa tête. Comme Elstir aimait à voir incarnée devant lui, dans sa femme, la beauté vénitienne, qu’il avait souvent peinte dans ses oeuvres, je me donnais l’excuse d’être attiré par un certain égoïsme esthétique vers les belle femmes qui pouvaient me causer de la souffrance, et j’avais un certain sentiment d’idolâtrie pour les futures Gilberte, les futures duchesses de Guermantes, les futures Albertine que je pourrais rencontrer, et qui, me semblait-il, pourraient m’inspirer, comme un sculpteur qui se promène au milieu de beaux marbres antiques. J’aurais dû pourtant penser qu’antérieur à chacune était mon sentiment du mystère où elles baignaient et qu’ainsi, plutôt que de demander à Gilberte de me faire connaître des jeunes filles,j’aurais mieux fait d’aller dans ces lieux où rien ne nous rattache à elles, où entre elles et soi on sent quelque chose d’infranchissable, où à deuxpas, sur la plage, allant au bain, on se sent séparé d’elles par l’impossible.

SCHLOMO VENEZIA, béatrice Prasquier :SONDERKOMMANDO

Présentation du livre en présence de Schlomo Venezia, FNAC de Colombo, jeudi 21h30, organisée par Associação Portuguesa de Estudos Judaicos en collaboration avec la CIL  et l’éditeur Esfera dos livros.

Budapest, la Maison des Photographes Magyars

imgp0392.jpg

Publié dans: on mars 25, 2008 at 8:09 Laisser un commentaire

LALIQUE ARRT NOUUUUVÕ !

http://1900.art.nouveau.free.fr/IMG/jpg/lalfemb.jpg

Publié dans: on mars 11, 2008 at 1:29 Laisser un commentaire

Parfum de livre : Imre Kertész “Un autre, chronique d’une métamorphose”

Parfum de livre:
IMRE KERTÉSZ : UN AUTRE, chronique d’une métamorphose.

Editions Actes Sud, Babel, 1999. Traduit du hongrois par Natalia Zaremba-Huzsvai et Charles Zaremba.

Etrange impression, la lecture de Kertész s’incruste en la pensée telle une ventouse qui débouche les strates de l’humain dégénéré, je m’accroche à la pensée, mes cauchemars nourrissent toutes les nuits de l’International Holocaust Remembrance Day 27 th- january, la vie se lie sans cesse à ces archaismes barbares, tout peut recommencer, les témoins sont en vie, encore quelques uns, personne n’aurait pu savoir qu’un mot comme Mythe pourrait chambouler le devoir de mémoire. La folie n’a pas besoin de témoins, de preuves, de films, de voix, elle invente une autre histoire, un réel distordu, car ce “Mythe” est une création dont le seul but est de balayer l’histoire vécue, d’insinuer le doute, ou de s’en accomoder, c’est pourquoi il faut être vigilant avec les mots, les écrivains sont lus, et relus, la lecture est création, elle exige une pensée, une expérience, une prise de l’écriture qui féconde! En quoi la pensée d’un seul, écrivain peut ébranler, jusqu’à convaincre contre le surgissement de l’oeuf du mal?

Qui lit André Kertész?
Le lire c’est entrer dans la conscience d’un AUTRE qui interroge les bonnes questions dans la métamorphose de la proie noyée à un AUTRE , l’écrivain, ” le cryptoprophète, l’étranger en son pays, le témoin actif dans les colloques, les salons du livre, prix nobel de littérature et toujours malgré tout un AUTRE.

Mais Qui?

Un extrait:

” Un jour,il faudrait analyser l’espèce de ressentiment que l’intellectuel de notre époque nourrit pour l’intellect, écrire l’histoire spirituelle de la haine de l’esprit…
J’écris ces lignes avec amertume et une satisfaction particulière ( si ce n’est du plaisir ), tout en ressentant profondément la fragilité de mon existence, son unitilité et son anachronisme. Qu’est ce qui me meut, pourquoi je noircis du papier avec mon stylo bille?
Mes matins secrets, mes promenades secrètes, mes mortifications solitaires et intimes. A quoi bon ? serais je un cryptoprophète? Un chroniqueur caché sous les ruines de l’époque?
Est-ce que je donne des réponses aux questions que Dieu n’a pas posées? Est-ce que je que je pose des questions aux réponses que Dieu a tues? Un jour, il faudra que je m’occupe de la forme extérieure du matériau, de l’impassibilité*, de la vanité artistique- mais cet instant viendra-t-il ? Est-ce important? . “Je refuse d’errer avec une âme sauvée dans un monde damné” dit Buber
(cité par Ervin Valyi Nagy).
* En français dans le texte.

Plus loin en saisissant l’interprétation de ses rêves, Kertész écrit:” Je sais tout . Et je sais que la souffrance de mon savoir ne me quittera jamais.”

Lire Imre Kertész c’est comme entrer en une sombre forêt où soudain au coeur des lignes une lumière vous accueille et vous respirez l’art d’un Autre , Chronique d’une métamorphose. Comme le bruissement du vent sur le tremblement de l’humanité dans sa solitude totale , une perception, unique, le frémissement ….

La respiration de la mémoire , variations Goldberg.

finczi

*

Publié dans: on janvier 26, 2008 at 1:52 Laisser un commentaire

Parfum de livre : Histoire des Juifs Portugais aux éditions Chandeigne

Histoire des Juifs Portugais

CARSTEN L. WILKE

Éditeur : Chandeigne

En 1497, après une longue période de protection et de faste, les juifs portugais furent placés face à une alternative cruelle : se convertir au christianisme, comme le voulait le roi dom Manuel, ou bien quitter secrètement le territoire du royaume. Cette date marque le début d’une histoire fascinante et double. D’un côté, l’histoire de la culture clandestine des marranes, sans cesse menacée par l’implacable et bureaucratique Inquisition, mais pourtant tenace, à tel point qu’on a pu en observer certaines survivances au XXe siècle dans des contrées reculées du pays. De l’autre, celle d’une diaspora éclatée aux quatre coins du monde, caractérisée par une homogénéité remarquable et cultivant une nostalgie étrange envers une patrie lointaine et irréversiblement disparue. L’avers et le revers d’une histoire confisquée, qui s’est prolongée durant plus de trois siècles, jusqu’à ce que la révolution libérale de 1820 permette à quelques petites communautés de revenir s’installer au Portugal. L’histoire des juifs portugais est celle d’un entêtement. Elle montre comment s’est construite et perpétuée l’identité d’une nation, en dépit des atteintes successives portées à sa religion, à son territoire, à sa langue et à ses traditions. Une nation dont les enfants se sont appelés Samuel Usque, Pedro Nunes, Baruch Spinoza, David Ricardo ou, plus près de nous, Pierre Mendès France et qui, avant l’émergence du nationalisme moderne, incarne l’une des plus étonnantes « victoires de l’histoire sur la géographie ». Ce livre, d’une lecture aisée, en donne pour la première fois un aperçu d’ensemble.

L’auteur : Carsten Wilke, né en 1962, a fait ses études à Cologne, à Jérusalem et à Paris. Doctorat de l’Université de Cologne (Études Juives, Philologie romane, Philosophie) et diplôme de l’EPHE (5e section : Sciences religieuses) en 1994. Il est depuis 2006 chercheur à l’Institut Steinheim d’histoire juive allemande à Duisburg, enseigne à l’École Supérieure des Études Juives de Heidelberg (2005-2006) et à l’Université de Düsseldorf (2006-2007).

Série Péninsules -

Table des Matières

INTRODUCTION

I. LA COMMUNAUTE JUIVE MEDIEVALE A) Avant la formation du royaume 1. Légendes des origines 2. En Lusitanie romaine et germanique 3. Au Gharb des Arabes 4. Au royaume de Léon B) Sous la protection des rois du Portugal (1147-1492) 1. Géographie du judaïsme portugais 2. Rois et hauts fonctionnaires juifs 3. Les juifs dans l’économie et face au fisc 4. Progrès et échecs de la ségrégation sociale 5. Autonomie juridique et organisation communautaire 6. La création littéraire et artistique C) La religion mise à mort (1492-1497) 1. L’immigration des juifs espagnols 2. De l’expulsion à la conversion forcée 3. Les rescapés du baptême

II. LES NOUVEAUX-CHRETIENS ET LEUR DIASPORA A) Dans l’empire portugais et ottoman (1497-1580) 1. Intégration forcée et ascension sociale 2. Forces adverses : du massacre à l’Inquisition 3. Synagogues et messies clandestins 4. Naissance du « marranisme » 5. Anvers et la route de l’Inde 6. Des Portugais au Levant 7. Les havres menacés d’Italie B) La « Nation » entre deux feux (1580-1640) 1. Le sucre brésilien et la grande rafle 2. Le néo-judaïsme de la Mer du Nord 3. La Castille et l’Amérique espagnole 4. Marchands de trêve, facteurs de guerre 5. Liens de sang, d’alliance et de croyance 6. Le réapprentissage culturel C) De l’Émigration à la séparation (1640-1795) 1. La tragédie du judaïsme américain 2. L’Atlantique néerlandais et britannique 3. Livourne et sa Méditerranée 4. Triomphe et déclin de l’Inquisition portugaise 5. Le sort de la « double vie » en Castille et en France 6. Une société contrastée 7. La période de splendeur de la civilisation judéo- portugaise 8. Épilogue : modernité juive et minorité-modèle

III. LE PORTUGAL CONTEMPORAIN A) Sous la monarchie 1. L’immigration marocaine 2. Le judaïsme clandestin à l’âge post-inquisitorial B) République et dictature (1911-1974) 1. La Communauté Israélite de Lisbonne 2. La redécouverte des crypto-juifs et l’« Œuvre du rachat » 3. Les réfugiés européens C) Depuis 1974 1. Lisbonne et Jérusalem 2. Belmonte 3. Le Portugal face à son passé juif

bonne lecture.

A Celebration of Jewish studies in Ottawa

A Celebration of Jewish Studies in Ottawa

Abstracts of each paper can be found on the Zelikovitz Centre for Jewish Studies website at Carleton University.

http://www.carleton.ca/jewishstudies/celebration.html

Colloquium Program

A Celebration of Jewish Studies in Ottawa

The Canadian Society for Jewish Studies, the Vered Jewish Canadian Studies Program at the University of Ottawa, the Max and Tessie Zelikovitz Centre for Jewish Studies at Carleton University and the Jacob M. Lowy Collection of Library and Archives Canada are proud to present an interdisciplinary academic conference in Jewish Studies. This event celebrates the recent establishment of two new Jewish Studies programs in Ottawa at Carleton University and the University of Ottawa, as well as the thirtieth anniversary of the Jacob M. Lowy Collection.

The conference provides a unique opportunity for twenty nine scholars of Jewish Studies in Ottawa and elsewhere to convene and share their original research from a variety of disciplinary perspectives. It covers the diversity of the Jewish experience from ancient times to the present in different geographic settings and social contexts. Presenters will discuss Jewish society, culture and politics, classic and modern Jewish thought, Jewish literature, art and popular culture, gender, antisemitism, as well as Jewish journalism, education, and community building.

Both in number of speakers and breadth of scope, A Celebration of Jewish Studies in Ottawa is a significant milestone in the history of Jewish Studies in Canada and, we hope, the first of many such conferences in Canada’s cities

Ecrire l’histoire des femmes en Europe du Sud XIXème- XXème siècles

Gisela BOCK, Anne COVA (dir.), Écrire l’histoire des femmes en Europe du Sud, xixe-xxe siècles, Oeiras (Portugal), Celta Editora, 2003, 183 p.

Cet ouvrage regroupe seize contributions écrites par des historiennes et historiens des pays de l’Europe méditerranéenne issues d’un colloque tenu en septembre 1999 à Arràbida (Portugal) sur l’histoire des femmes et du genre en Europe du Sud (France, Espagne, Portugal, Italie et Grèce). Cette rencontre était le point de départ d’une réflexion sur les réalisations dans ce domaine et sur les voies à défricher. Après avoir rappelé que l’histoire ne peut être écrite et comprise sans intégrer celle des femmes et du genre (qui prend en compte les rapports de pouvoir entre les sexes dans leur dimension sociale et culturelle), Anne Cova et Gisela Bock invitent à développer l’histoire des femmes et du genre dans les pays européens (d’Europe centrale et orientale ou les petits pays) souvent délaissés pour des raisons politiques mais aussi linguistiques. Le bilan et les perspectives que nous proposent les auteurs s’articulent autour d’une première partie sur l’historiographie des femmes et du genre en Europe du Sud, et d’une seconde qui dépasse le stade programmatique en donnant un aperçu de quelques recherches en cours au Portugal.

Mary Nash, dans « Women’s History in Contemporary Spain », met en relation les changements de paradigme dans l’histoire des femmes avec les transformations politiques espagnoles, les changements dans la perception du féminisme et le processus de reconnaissance du féminisme académique et universitaire. L’histoire des femmes est ainsi passée de l’amnésie dans les années d’après-guerre à une redécouverte dans de multiples directions depuis les années 1990. Des institutions comme l’Asociación Española de Investigación Histórica de la Mujeres (AEIHM), fondée en 1991, ainsi que la revue d’histoire des femmes Arenal, publiée depuis 1994, ont à la fois été d’extraordinaires stimulations pour la recherche et des lieux de diffusion des travaux dans l’histoire des femmes et du genre en Espagne. Depuis quelques années, un effort particulier est fait dans ces institutions pour s’ouvrir aux recherches étrangères.

Les deux communications sur l’historiographie au Portugal témoignent également du rôle joué par le contexte politique dans l’émergence plus tardive qu’en France ou en Italie d’une histoire des femmes et du genre. L’historiographie sur les femmes au Portugal au cours du xixe siècle est présentée par Irene Vaquinhas, professeur à l’Université de Coimbra. Après la « Révolution des œillets », les sciences sociales, et notamment l’histoire, ont approché des objets jusqu’alors illégitimes. L’histoire du xixe siècle, par exemple, a fait l’objet d’une redécouverte. Bien que marginalisée dans l’institution, l’histoire des femmes du xixe siècle connut une période faste dans les années 1980. L’apport d’autres disciplines, comme l’anthropologie, et de travaux étrangers – Histoire de la vie privée de Philippe Ariès ou l’Histoire des femmes en Occident de Michelle Perrot et Georges Duby – a ouvert des voies, elles-mêmes nourries par ailleurs par des réflexions théoriques liées aux débats sur la parité. Actuellement, cette histoire du xixe siècle, qui, selon les mots de Françoise Thébaud, en est à sa « phase d’accumulation », a connu un développement significatif, malgré l’absence de revue d’histoire des femmes et de postes d’histoire des femmes à l’université. La diversité des travaux portant notamment sur le monde du travail, le quotidien des femmes, les structures familiales et les comportements démographiques devrait maintenant s’enrichir de démarches prosopographiques ou de travaux sur le féminisme. Anne Cova, co-directrice de l’ouvrage, auteur de travaux pionniers sur l’histoire des femmes et de la maternité en France, donne un aperçu de « L’histoire des femmes au Portugal [au] xxe siècle ». La première période des années 1970 fut celle de travaux sporadiques, en lien avec la chute de la dictature et les mouvements de gauche et d’extrême gauche. En 1977, la Commission pour la condition féminine encourage les premiers travaux d’histoire des femmes caractérisés par une victimisation des sujets féminins. Cette institution a été un des volets de l’institutionnalisation de l’histoire des femmes au Portugal. La décennie suivante a vu la création d’un DEA d’études sur les femmes à l’Université Aberta de Lisbonne, avec en parallèle la fondation d’une direction de recherche « genre et histoire des femmes » au CEMRI (le Centre d’études féminines portugais). En 1997, aux côtés de ce « féminisme d’État » se constitue l’Association portugaise pour la recherche d’histoire sur les femmes (APIHM), six ans après la fondation de l’Association portugaise d’études sur les femmes (APEM) qui ont contribué à la diffusion des recherches lors de colloques. Les recherches sur le xxe siècle se sont portées sur des associations féminines ou féministes avec une focalisation pour la période allant de 1910 à 1926.

L’histoire des femmes en Italie présentée par Michela de Giorgio est née en lien avec le féminisme de la deuxième vague, dit « néoféminisme », dans les années 1970, autour de trois revues : Donna Woman Femme, Memoria rivista di storia delle donne et Quaderni Storici. Le contexte était celui du faible nombre de femmes insérées dans le monde universitaire. L’auteur retrace les étapes marquantes de l’histoire des femmes, puis du genre, en Italie à travers des ouvrages pionniers. Elle rend compte des débats, des tensions liées à l’apport de disciplines comme l’anthropologie ou de définitions nouvelles, comme le genre en 1986. De même qu’en France, la publication de l’Histoire des femmes en Occident, commandée par l’éditeur Laterza, a rendu visible pour un large public l’histoire des femmes. Elle a été suivie de nombreuses autres « histoires » de la maternité, des femmes au travail dans les années 1990, avec une particularité, la conjugaison de l’histoire religieuse au féminin. Cependant, malgré la création de la Société italienne des historiennes en 1989, et le fait que l’enseignement universitaire se soit féminisé, l’histoire des femmes et du genre n’a toujours pas la place qu’elle mériterait à l’université en Italie. Michela De Giorgio a accompagné son texte d’un petit questionnaire adressé aux historiennes italiennes sur les trois livres d’histoire des femmes qui leur sont apparus les plus importants. Cette approche originale donne au lecteur une idée non seulement des ouvrages marquants de l’historiographie mais aussi de la façon dont circulent les savoirs et dont chacune a pu se les approprier.

Quelle est la situation en Grèce ? L’histoire des femmes, au sortir de la dictature, y est issue de la nouvelle histoire, qui s’est concentrée sur les classes et non le genre. Elle souffre toujours du manque de reconnaissance institutionnelle, comme le souligne Efi Alveda dans « l’histoire des femmes au sein de l’historiographie grecque ».

Françoise Thébaud dans « Écrire l’histoire des femmes en France », présente une analyse sur l’histoire des femmes et les institutions. Elle offre « un tableau synthétique de l’histoire des femmes en France » – des cours de Michelle Perrot de 1973, aux recherches plus récentes enrichies des apports du genre. Cependant, tout comme en Italie, malgré la fondation d’une revue d’histoire des femmes, Clio : histoire, femmes et sociétés, en 1995, puis de Mnémosyne, association d’histoire des femmes et du genre, les chaires d’histoire des femmes sont quasi absentes de l’université, tout comme les postes de recherche au CNRS. Michelle Zancarini-Fournel, dans « Vers une histoire des femmes du temps présent », s’interroge sur le lien entre histoire des femmes et du genre et l’histoire du temps présent, histoire qui s’étend globalement de la Seconde Guerre mondiale à nos jours. Cette histoire des femmes est marquée par la guerre et Vichy. Elle a également investi la citoyenneté politique – liée au suffrage – et la citoyenneté sociale – liée au Welfare – comme objets d’analyse. Enfin, le rapport des individus aux média, les représentations, l’histoire culturelle ont fortement marqué l’histoire des femmes et l’histoire du genre du temps présent. La question des identités de genre, des appartenances et de leurs mutations seront sans doute les pistes à explorer dans cette histoire du passé très proche.

La seconde partie de l’ouvrage réunit des contributions de jeunes chercheurs portugais qui donnent un aperçu des recherches actuelles sur l’histoire des femmes et du genre au Portugal. L’histoire des femmes au travail est représentée par la contribution de Virginia do Rosàrio Baptista, « Women in the Labour Market (1890-1940) », qui dresse un tableau de 1890 à 1940, ainsi que par l’article de Teresa Pinto, qui s’intéresse plus particulièrement à la formation professionnelle des jeunes filles, et au processus d’éviction qui touchent les écoles de dessin industriel à la fin du xixe siècle. Maria Isabel Viegas Liberato, dans « Discours, pratiques et politiques de la prostitution au Portugal (1841-1926) », intègre les apports de l’anthropologie, de la science politique et du genre pour décrire l’évolution des politiques sociales menées autour de la prostitution. Dans la lignée des travaux d’Anne Cova sur les associations féminines, João Esteves s’intéresse à l’associativisme féminin au Portugal de 1906 à 1918. Irene Flunster Pimentel analyse l’œuvre des mères pour l’éducation nationale (1936-1974), sous le régime de Salazar. La jeunesse féminine était également encadrée par le régime. L’organisation de la jeunesse féminine portugaise de 1937 à 1945 est étudiée dans la présentation de Manuela Barbas. Maria Antonia Fiadeiro s’intéresse quant à elle à la journaliste Maria Lamas. Enfin, plus proche de nous, Amélia Campos s’est interrogée sur les féminismes dans les années 1970 et 1980.

Les communications, concises, claires, offrent une vision d’ensemble de travaux souvent méconnus en raison notamment de l’absence de traduction. Il propose ainsi une vision de l’histoire des femmes et du genre propre au monde européen du Sud, qui emprunte parfois des chemins différents de la Gender history anglo-saxonne, très marquée par le linguistic turn et les études culturelles, tant sur le plan institutionnel que sur le plan méthodologique. Il a également le grand mérite de donner à de jeunes chercheuses l’occasion de faire connaître leurs recherches au public français et européen.

 

Magali DELLA SUDDA

Publié dans: on octobre 21, 2007 at 5:16 Laisser un commentaire

REFLET GLOBAL

REFLET GLOBAL

LA LUNE FOND

MINCE,
LA LUNE FOND, un petit peu , un tout petit peu,
LE CIEL N’EST PAS TRÈS CONTENT,
ET MOI ALORS?????
DIT LE MARCHAND DE SABLE,
VOUS PENSEZ QUE CELA M’AMUSE !
LE PETIT PRINCE FAIT SES VALISES
ET VA JOUER AVEC LES ETOILES BIEN PLUS LOIN
JUSQU’À SE RENDRE INVISIBLE
APPRIVOISÉ
APPRIVOISÉ
EST CE QUE J’AI UNE TÊTE D’APPRIVOISÉ ????
DIT LE CLIMAT.
MINCE ALORS
J’AI MAL À MES CÔTES
RUGIT L’OCÉAN
TERRIBLE.
ET L’ESQUIMAU AVEC SON IGLOO QUI FOND
VOUS Y AVEZ PENSÉ À L’ESQUIMAU ?
UN SANS ABRI SANS L’ABBÉ PIERRE
C’EST PRESQUE PLUS RIEN,
MAIS RIEN DE RIEN
ALORS COMME UNE BOUTEILLE À LA MER
LANÇONS UN APPEL VIBRANT
A LA PENSÉE MONDIALE
POUR RENDRE À LA LUNE
SON REFLET GLOBAL,
LA LUNE GLOBALE
C’EST ÇA QUI VA NOUS MANQUER
AVEC SON IMAGE DE STAR MONDIALE !
MINCE ALORS
NE FAIS PAS LA MOUE
REVIENS NOUS
LUAR
LUNAIRE
LUNATIQUE
JE SUIS OÙ MOI DIT LE RENARD?
LE PETIT PRINCE M’A OUBLIÉ
UNE PETITE ÉTOILE
IL M’A LAISSÉ
AU BORD DU CIEL
LÁ OÙ ÇA DONNE LE VERTIGE
PLANÉTAIRE.
AU BORD DU CIEL QUI DÉGRINGOLE
L’ETOILE FILANTE
ELLE A UNE CHANCE
MAIS MOI DIT LE RENARD JE RETOURNE
À MES MOUTONS
DESSINE MOI UNE ETOILE
ET VA CHERCHER LA LUNE
AU LIEU DE FAIRE L’INVISIBLE
LE DÉSERT J’EN AI MA CLAQUE
ET LE RENARD S’EN EST ALLÉ
TOUT DÉCONFIT,
L’AMI ÉVAPORÉ
EN QUÊTE D’UN LIVRE …
B. FINCZI