
Amedeo Modigliani 1919
Comme une attente,
l’espace, alentour,
vert de gris, paysage renaissance
le regard en miroir
du blanc sans temps
levant toutes les fragrances de l’ãme
au vent des points
sans fin, ni cadre,
être regardant
Õ VIVANT

finczi
Parfum de livre: IMRE KERTÉSZ ” UN AUTRE , chronique d’une métamorphose ”
Parfum de livre:
IMRE KERTÉSZ : UN AUTRE, chronique d’une métamorphose.
Editions Actes Sud, Babel, 1999. Traduit du hongrois par Natalia Zaremba-Huzsvai et Charles Zaremba.
Etrange impression, la lecture de Kertész s’incruste en la pensée telle une ventouse qui débouche les strates de l’humain dégénéré, je m’accroche à la pensée, mes cauchemars nourrissent toutes les nuits de l’International Holocaust Remembrance Day 27 th- january, la vie se lie sans cesse à ces archaismes barbares, tout peut recommencer, les témoins sont en vie, encore quelques uns, personne n’aurait pu savoir qu’un mot comme Mythe pourrait chambouler le devoir de mémoire. La folie n’a pas besoin de témoins, de preuves, de films, de voix, elle invente une autre histoire, un réel distordu, car ce “Mythe” est une création dont le seul but est de balayer l’histoire vécue, d’insinuer le doute, ou de s’en accomoder, c’est pourquoi il faut être vigilant avec les mots, les écrivains sont lus, et relus, la lecture est création, elle exige une pensée, une expérience, une prise de l’écriture qui féconde! En quoi la pensée d’un seul, écrivain peut ébranler, jusqu’à convaincre contre le surgissement de l’oeuf du mal?
Qui lit André Kertész?
Le lire c’est entrer dans la conscience d’un AUTRE qui interroge les bonnes questions dans la métamorphose de la proie noyée à un AUTRE , l’écrivain, ” le cryptoprophète, l’étranger en son pays, le témoin actif dans les colloques, les salons du livre, prix nobel de littérature et toujours malgré tout un AUTRE.
Mais Qui?
Un extrait:
” Un jour,il faudrait analyser l’espèce de ressentiment que l’intellectuel de notre époque nourrit pour l’intellect, écrire l’histoire spirituelle de la haine de l’esprit…
J’écris ces lignes avec amertume et une satisfaction particulière ( si ce n’est du plaisir ), tout en ressentant profondément la fragilité de mon existence, son unitilité et son anachronisme. Qu’est ce qui me meut, pourquoi je noircis du papier avec mon stylo bille?
Mes matins secrets, mes promenades secrètes, mes mortifications solitaires et intimes. A quoi bon ? serais je un cryptoprophète? Un chroniqueur caché sous les ruines de l’époque?
Est-ce que je donne des réponses aux questions que Dieu n’a pas posées? Est-ce que je que je pose des questions aux réponses que Dieu a tues? Un jour, il faudra que je m’occupe de la forme extérieure du matériau, de l’impassibilité*, de la vanité artistique- mais cet instant viendra-t-il ? Est-ce important? . “Je refuse d’errer avec une âme sauvée dans un monde damné” dit Buber
(cité par Ervin Valyi Nagy).
* En français dans le texte.
Plus loin en saisissant l’interprétation de ses rêves, Kertész écrit:” Je sais tout . Et je sais que la souffrance de mon savoir ne me quittera jamais.”
Lire Imre Kertész c’est comme entrer en une sombre forêt où soudain au coeur des lignes une lumière vous accueille et vous respirez l’art d’un Autre , Chronique d’une métamorphose. Comme le bruissement du vent sur le tremblement de l’humanité dans sa solitude totale , une perception, unique, le frémissement ….
La respiration de la mémoire , variations Goldberg.
finczi
Apparences
La pensée à la naissance du processus
d’expression,
donne à voir l’infime version
de la justesse d’un son.
Tout se déforme à l’auge de la perception,
la traduction ne luit qu’à la note de l’écrit.
Les pauses, les silences, les latences du raisonnement
s’impriment en la solitude de la lecture
apparence du monde visible qui perdure en l’éclosion du temps,
Apparences
Les dits de Khelm
Il n’y a pas de mot dans la langue yiddish pour dire : « Garde à vous » !
Si les riches pouvaient se payer des remplaçants pour mourir à leur place, les pauvres gagneraient bien leur vie.
” J’ai cotoyé les faiseurs de feu dont parle Rimbaud” Yves Saint Laurent
“ J’ai conscience d’avoir, pendant ces longues années, accompli mon travail avec rigueur et exigence. Sans concessions. J’ai toujours placé au-dessus de tout le respect de ce métier qui n’est pas tout à fait un art mais qui a besoin d’un artiste pour exister. Je pense que je n’ai pas trahi l’adolescent qui montra ses premiers croquis à Christian Dior avec une foi et une conviction inébranlables. Cette foi et cette conviction ne m’ont jamais quitté.
Tout homme pour vivre a besoin de fantômes esthétiques. Je les ai poursuivis, cherchés, traqués. Je suis passé par bien des angoisses, bien des enfers. J’ai connu la peur et la terrible solitude. Les faux amis que sont les tranquillisants et les stupéfiants. La prison de la dépression et celle des maisons de santé. De tout cela, un jour je suis sorti, ébloui mais dégrisé. Marcel Proust m’avait appris que “la magnifique et lamentable famille des nerveux est le sel de la terre”. J’ai, sans le savoir, fait parti de cette famille. C’est la mienne. Je n’ai pas choisi cette lignée fatale, pourtant c’est grâce à elle que je me suis élevé dans le ciel de la création, que j’ai côtoyé les faiseurs de feu dont parle Rimbaud, que je me suis trouvé et compris que la rencontre la plus importante de la vie était la rencontre avec soi-même. Pourtant j’ai choisi aujourd’hui de dire adieu à ce métier que j’ai tant aimé “
Yves Saint Laurent
UN VOYANT,
” UN AMI DU TEMPS RETROUVÉ “
l’ART MULTIPLE
LA FULGURANCE DE LA CRÉATION
MERCI, AMI
COULEURS DE LA VIE RÊVÉE
DESTINS DE FEMMES ETERNELLES , D’HOMMES SANS SOMMEIL ,
DE PURES TOILÉS D’EAU , BEAUTÉ AU NOM DE FUTUR INVERSÉ.
ET VOICI RIMBAUD :
CE QU’ON DIT AU POÈTE À PROPOS DES FLEURS
” AINSI, TOUJOURS, VERS L’AZUR NOIR
OÙ TREMBLE LA MER DES TOPAZES
FONCTIONNERONT DANS TON SOIR
LES LYS, CES CLYSTÈRES D’EXTASES ! “
…
À UN AMI VISION TOPAZE… 
béatrice Finczi
Dans ma valise des klezmer books
“ Dans l’enveloppe éphémère qu’on appelle homme,
le chant coule comme les eaux de l’éternité,
effaçant tout et engendrant tout.”
ISAAC BABEL
Cité par JOANN SFAR dans notes pour KLEZMER, tome I, à la conquête de l’est.
KLEZMER, tome II Bon anniversaire Scylla.
Le chat du rabbin fait déjá partie de mes livres talmudiques préférés, c’est un délicieux sourire qui n’en finit pas et le rire enchaîne tout le temps, le chat du rabbin se lit et relit….
Dans Klezmer c’est une plongée dans notre épique inconscient pictural, musical, dans la malle de nos souvenirs trans sibérien-orientaux générationnels, une merveille! les notes manuscrites à la fin de chaque tome sont comme des pensées qui attendaient que quelqu’un les délivre de leur boîte, enfin le judaisme commenté contemporain, de nos jours, par un artiste orchestre, un artiste klezmer.
éditions Gallimard. Bayou ( 2005)
La préface de Marc – Alain Ouaknine est très bien aussi, voir son site et ses vidéos, un stimulant pour la pensée.marcalainouaknine.com
KAFKA , LA MER GELÉE…
« Un livre doit être la hache
qui fend la mer gelée en nous »,
Kafka , 1904,
« Un livre doit être la hache
qui fend la mer gelée en nous »,
Kafka , 1904,

