“ J’ai conscience d’avoir, pendant ces longues années, accompli mon travail avec rigueur et exigence. Sans concessions. J’ai toujours placé au-dessus de tout le respect de ce métier qui n’est pas tout à fait un art mais qui a besoin d’un artiste pour exister. Je pense que je n’ai pas trahi l’adolescent qui montra ses premiers croquis à Christian Dior avec une foi et une conviction inébranlables. Cette foi et cette conviction ne m’ont jamais quitté.
Tout homme pour vivre a besoin de fantômes esthétiques. Je les ai poursuivis, cherchés, traqués. Je suis passé par bien des angoisses, bien des enfers. J’ai connu la peur et la terrible solitude. Les faux amis que sont les tranquillisants et les stupéfiants. La prison de la dépression et celle des maisons de santé. De tout cela, un jour je suis sorti, ébloui mais dégrisé. Marcel Proust m’avait appris que “la magnifique et lamentable famille des nerveux est le sel de la terre”. J’ai, sans le savoir, fait parti de cette famille. C’est la mienne. Je n’ai pas choisi cette lignée fatale, pourtant c’est grâce à elle que je me suis élevé dans le ciel de la création, que j’ai côtoyé les faiseurs de feu dont parle Rimbaud, que je me suis trouvé et compris que la rencontre la plus importante de la vie était la rencontre avec soi-même. Pourtant j’ai choisi aujourd’hui de dire adieu à ce métier que j’ai tant aimé “
Yves Saint Laurent
UN VOYANT,
” UN AMI DU TEMPS RETROUVÉ “
l’ART MULTIPLE
LA FULGURANCE DE LA CRÉATION
MERCI, AMI
COULEURS DE LA VIE RÊVÉE
DESTINS DE FEMMES ETERNELLES , D’HOMMES SANS SOMMEIL ,
DE PURES TOILÉS D’EAU , BEAUTÉ AU NOM DE FUTUR INVERSÉ.
ET VOICI RIMBAUD :
CE QU’ON DIT AU POÈTE À PROPOS DES FLEURS
” AINSI, TOUJOURS, VERS L’AZUR NOIR
OÙ TREMBLE LA MER DES TOPAZES
FONCTIONNERONT DANS TON SOIR
LES LYS, CES CLYSTÈRES D’EXTASES ! “
…
À UN AMI VISION TOPAZE… 
béatrice Finczi